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Salutations

Ceux d’entre nous qui travaillons comme diplomates savons qu’un des moments les plus pénibles de notre travail consiste à devoir faire nos adieux aux personnes et aux pays qui nous sont devenus chers.  Lors de notre départ, nous affirmons toujours que le pays que nous quittons est le meilleur de tous les pays dans lesquels nous avons travaillé jusqu’ici.  Bien que cela soit évidemment impossible (après tout, il est évident que chaque poste ne peut être notre meilleur poste), c’est ce que l’on nous enseigne en tant que diplomates.  Mais dans mon cas ce soir, je peux affirmer en toute honnêteté que c’est la pure vérité.  Véritablement, il m’est impossible d’imaginer un autre poste diplomatique qui me donnerait autant de satisfaction que celui dans lequel j’ai eu le privilège de servir ces trois dernières années.  Permettez-moi d’en décliner les quatre raisons majeures. 

Avant tout, j’ai eu la chance de prendre mes fonctions à un moment où les activités bilatérales atteignaient un niveau et une qualité sans précédent.  Résultat direct de l’engagement du peuple et du gouvernement burkinabè à mettre en œuvre des réformes politiques et économiques – le Burkina a pu participer à de grandes initiatives lancées par le gouvernement américain.  En rappel, en 2013, le gouvernement américain a investi plus de 242 millions de dollars au Burkina Faso. 

L’investissement le plus important provient du Millennium Challenge Corporation (MCC).  Il faut avouer que j’ai été l’heureux bénéficiaire du travail d’autres personnes qui ont fait du MCC une réalité.  En plus de mes prédécesseurs, certains des architectes du Compact sont présents parmi nous ce soir.  Il convient de citer et féliciter en particulier mes amis Paramanga Ernest Yonli et Tertius Zongo qui ont joué un rôle essentiel – en tant qu’ambassadeurs à Washington et Premiers Ministres.  Mais aussi le Président du conseil d’administration du MCA, M. Mamody Sanoh (malheureusement absent ce soir), le Coordonnateur du MCA, M. Bissiri Sirima, et l’ensemble du Gouvernement du Burkina Faso, à commencer par le Premier Ministre, en passant par le Ministre de l’Economie et des Finances, ainsi que tous les ministères concernés; tous ont travaillé avec diligence pour assurer un taux de réalisation des objectifs sans précédent – de 100% – avant la date d’expiration du Compact en juillet 2014.

 Les programmes de l’USAID ont mûrit pendant mon séjour.  Que demander de mieux que d’être Ambassadeur lorsque des dizaines de millions de dollars de fonds d’assistance sont dispensés annuellement afin de renforcer la sécurité alimentaire, les services de santé, et les moyens de subsistance des plus pauvres ?  Nos programmes de développement sont mis en œuvre par des employés américains de l’Ambassade et leurs partenaires – parfois des Américains (comme Lakhdar Boukerou qui dirige le programme WA-WASH dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable), ou par des Burkinabè (comme Edouard Tapsoba qui dirige le programme de l’USAID, Peace through Development.  Comme pour le MCC, nos programmes sont de véritables partenariats – et leur succès résulte d’actions communes. 

Notre coopération militaire connait également un essor inégalé.  Le gouvernement américain est fier d’avoir contribué à former cinq bataillons de militaires burkinabè chargés du maintien de la paix.  Ils ont servi brillamment au Darfour.  Les militaires burkinabè jouent un rôle essentiel dans le maintien de la sécurité au niveau régional ainsi que dans la lutte contre les menaces terroristes et la criminalité transfrontalière.  Avoir eu l’opportunité de travailler avec les autorités du Ministère de la Défense et des Forces Armées Nationales a été une grande satisfaction pour moi.  Je note la présence ce soir de l’Ambassadeur Boly, du Colonel Major Zagré, du Secrétaire Général Moné et du Secrétaire Général Nombré. 

La deuxième raison de mon affection pour le Burkina Faso est que j’ai eu une équipe merveilleuse à l’Ambassade.  Et il est important de rappeler que la majorité du personnel de l’Ambassade est burkinabè.  Plusieurs d’entre eux sont présents ici ce soir.  L’ensemble du personnel de l’Ambassade a fait preuve de générosité en accordant à leur Ambassadeur le crédit de leurs succès, tout en camouflant ses quelques défaillances.  C’est une autre ruse ingénieuse de survie que les ambassadeurs apprennent lors de leur formation diplomatique. 

La troisième raison pour laquelle j’ai tant aimé le Burkina est que j’y ai trouvé multiples sources d’inspiration, notamment les gens qui y vivent et travaillent durant de longues années alors que nous les diplomates ne sommes que de passage.  Un des moments dont je suis le plus fier en tant qu’Ambassadeur est d’avoir vu l’introduction du vaccin contre la méningite ici au Burkina Faso.  Il convient de préciser que c’est grâce à une initiative privée – une fondation financée par des citoyens américains.  Les microprojets que nous finançons par le biais de l’Ambassade ont contribué à soutenir des activités brillantes initiées par des individus dévoués, comme le Père Alphonse Kaboré à Dialgaye et Ruth Cox à Yako.  Ruth, au fait, est venue au Burkina Faso il y a plus de dix ans pour rendre visite à sa fille volontaire du Corps de la Paix à Yako – et n’est plus jamais repartie.  L’école et l’orphelinat qu’elle a ouvert à Yako sont des exemples admirables du volontariat américain, et pour moi, Ruth et les nombreux citoyens américains qui vivent comme elle au Burkina Faso, sont les meilleurs ambassadeurs des Etats-Unis et du peuple américain.  Par l’intermédiaire d’un citoyen américain vivant hors du Burkina Faso, j’ai entendu parler du travail d’Aminata Diallo.  Sa Fondation Maja Bobo aide des élèves à rester à l’école – en particulier des filles.  Une partie de son travail est soutenue financièrement par des américains, et les résultats sont impressionnants.  Une des élèves d’Aminata, Amélie Gué, vient juste d’être diplômée de l’université de Ouagadougou, et espère maintenant étudier aux Etats-Unis ; elle est membre du Conseil des Jeunes que je préside.  L’amicale des Burkinabè bénéficiaire de nos programmes d’échange, y compris le président Ouezen Louis Oulon, travaillent avec nous pour la mise en œuvre de programmes à travers le Burkina Faso – en particulier dans les zones reculées.  J’ai appris à connaitre la culture burkinabè grâce à des artistes de renommée internationale comme Irène Tassembédo, et à travers des chefs traditionnels comme le Larlé Naaba (cependant – ni l’un ni l’autre ne sont parvenus à me faire danser le warba !).  En même temps, j’ai vu des citoyens burkinabè s’initier à la culture américaine à travers nos divers programmes.  Rien qu’aujourd’hui, nous avons transféré officiellement l’American Language Center à l’ISIG sous la direction de son Président, Dr. Isidore Kini.  Et en ma qualité d’Ambassadeur, j’ai eu le privilège de célébrer le 50ème anniversaire du Corps de la Paix, aux côtés de la Première Dame et du Premier Ministre.  J’ai été émerveillé par le travail abattu par des milliers de volontaires du Corps de la Paix au Burkina Faso.  (Et plusieurs Volontaires – actuels ou anciens– sont présents ici ce soir.) 

Pour terminer, le Burkina Faso restera à jamais gravé dans ma mémoire grâce aux liens personnels que j’ai tissé avec son peuple extraordinaire.  Excellence, Monsieur le Ministre d’Etat, votre médiation et celle du Président lors des crises régionales, nous ont beaucoup éclairé.  Votre abnégation au travail, tact, patience, discrétion, sérénité et capacité à vaincre les obstacles qui semblent souvent insurmontables ont été une source d’inspiration – et dans une certaine mesure définissent une touche particulièrement “burkinabè”.  Les efforts du peuple burkinabè et de son gouvernement pour mettre en place des institutions politiques et économiques plus fortes sont encourageants.  Les nombreuses marques quotidiennes et individuelles de gentillesse de la part de citoyens de tous horizons – dans les treize régions du pays, dans les villages, dans les villes – m’ont profondément émues ainsi que ma famille, et nous ont permis de comprendre pourquoi on nomme le Burkina Faso le pays des Hommes Intègres.  Je suis particulièrement heureux que mon fils Peter ait pu faire le déplacement ce soir.  Voilà un jeune américain fréquentant l’école en Australie, et qui se considère dans une certaine mesure comme africain.  Dans son profile Facebook, il désigne le Burkina Faso comme « son pays ».  Alors même que je suis en partance, permettez moi, Monsieur le Ministre d’Etat, de considérer toujours, moi aussi le Burkina Faso comme ma deuxième patrie après les Etats-Unis.

Excellence, je vous remercie sincèrement, votre gouvernement et vous, pour le diner que vous offrez ce soir en mon honneur, et plus particulièrement pour le soutien et l’amitié que vous n’avez cessé de me témoigner au cours de ces trois dernières années.